Mon village de femme 

Cher Journal,

Aujourd’hui, j’ai pris 2 minutes pour moi, à admirer mon village de femme.

Je connaissais l’adage « Il faut un village pour élever un enfant » qui explique que chaque personne de l’entourage à quelque chose à apprendre à un enfant.

Au-delà de ça, je pense qu’un « village » peut être utile pour ne pas sombrer, surtout lorsqu’on est une jeune maman. Il faut au moins une équipe de choc pour maintenir une bonne santé mentale !

Malgré mon côté princesse (de Monaco) je ne me suis jamais rêvée « mairesse » d’une bourgade inconnue. Je me voyais plutôt reine, mais bon, ça, c’est une autre histoire.

Ma troisième grossesse et son lot de complication m’ont fait mesurer toute l’importance d’être (super-bien) entourée. Au cours de mon troisième trimestre de grossesse, je suis passée de femme pressée à femme qui traîne un peu au bois aux lettres, histoire de discuter 2 minutes avec la factrice. Parce que j’aime bien parler. Et si Simon travaille, et que les enfants sont à l’école, je ne peux pas parler. Ou alors avec le Google home, mais on est vite limité. Il n’est pas de très bon conseil, surtout quand je lui demande autre chose que les horaires d’ouverture d’Hubert ROGER, le célèbre carrossier. Heureusement (pour la factrice et pour moi) je rencontrai des femmes autour de chez moi. Dans mon voisinage, mais aussi à l’école. Cette pause professionnelle imposée me permettait de prendre le temps de découvrir les gens. Lorsque j’étais prise dans mon quotidien, boulot, maison, amis je ne faisais pas attention à mon environnement proche et aux gens qui m’entouraient. La tête dans le guidon, je disais « bonne journée » machinalement. Ne me juge pas, mon cher Journal, je suis certaine que tu fais exactement pareil.

Petit à petit, j’ai rencontré des femmes fabuleuses, des mamans, des futures mamans.

Avec ma super-voisine, que je croisais sans m’attarder depuis 5 ans, on prenait enfin le temps de s’échanger nos parfums de Tourtel favori. Et maintenant, nos enfants se retrouvent entre 2 étages pour jouer. Nos petits derniers, avec leur semaine d’écart, nous permettent de compter l’une sur l’autre en cas de panne de Doliprane le dimanche à 15h, ou de sirop pour la toux le mardi à 21h30. Mais sa présence était le véritable remède à la solitude et aux doutes qui peuvent accompagner une maternité. La naissance de nos petits trésors aurait pu être planifiée, pour qu’on puisse partager notre parentalité et nos cafés Joyeux. Nos astuces et nos fous rires circulent toujours aujourd’hui plus vite que notre vieil ascenseur.

two women having coffee and cake (b&w)

Puis à l’école, j’ai découvert des femmes extraordinaires, qu’elles soient femmes au foyer, ou exerçant une activité professionnelle, elles avaient toutes une gentillesse et une bienveillance en or. Je savais que pour les matins compliqués, où il me serait difficile de me rouler jusqu’à l’école, il y aurait toujours quelqu’un pour déposer mes 2 grands. Idem pour les retours, ma vitesse de marche avait largement chuté. Je ressemblais de plus en plus à une tortue fatiguée.  Il n’était pas rare de retrouver mes enfants en chemin, une maman de confiance ayant pris le relais. Aucune ne me jugeait si j’étais encore en pyjama à midi, elles connaissaient toutes le confort de ces joggings sans forme de grossesse.

Puis j’ai accouché (mais j’ai gardé le jogging, trop agréable, faut pas se mentir) Et c’est bien ici que la magie a opéré. Les lendemains de nuit blanche, entre pleurs de bébé et sentiment de ne pas y arriver, elles étaient là. Sans jugement, même 10 minutes. Pour aller boire un jus d’orange, et compatir. Pour me faire tester toutes les écharpes de portage et tous les porte-bébé que la terre ait pu inventer, histoire de pouvoir me soulager. Soulager mes bras surtout. Je me sentais parfois surchargée, 3 enfants, c’est sport. Je n’étais pas la mère parfaite que j’espérais, pouvant parfois me sentir vide. Et elles m’ont fait comprendre (et surtout accepter) que la mère parfaite, ça n’existe pas, et que chacune, on faisait de notre mieux. Même si je le savais déjà, ça fait toujours du bien d’être rassurée.

Tu le sais, cher journal, le post partum peut parfois être rude. Les hormones aussi secoués qu’une piña colada, les émotions ressenties peuvent être comparés aux montagnes russes du parc Walibi.

À la réunion parents-prof, quand la maîtresse expliquait le programme de lecture du CP, et que je tentais de préparer un biberon tout en ayant l’air concentrée alors que non, car les pleurs de la petite merveille couvraient la voix… Il y avait aussi une paire de bras, pour me seconder.

Et toutes ces villageoises de mon village imaginaire sont devenues mes amies. On rigole, on s’inquiète, on chante (du Céline Dion, fort et faux), on pleure, on se console, et on re rigole. Même dans les moments de doute les plus sombres, je n’étais jamais seule.

Et surtout quand je me suis octroyée une soirée, pour me retrouver, elles étaient là. Robes disco, perruques et lunettes, les « mums » sont de sortie les filles ! Franche rigolade, et good vibes.

Pendant ces 2 minutes, j’ai contemplé ce groupe soudé qu’on avait construit. Je pris un moment pour célébrer ce groupe de mamans déjantées, mais solidaires, car sans elles, ma vie aurait été un peu moins colorée.

Je te laisse, j’ai un déjeuner avec les filles !

Maman Cha – la mairesse en jogging de grossesse gris, sans forme mais top confort.

signature

PS : A.L quand tu veux pour la revanche à Mario-Kart, avec un café Joyeux.  Maya, Emmy, Juju, vous savez tout mais merci

PPS : Si toi aussi, mon bon vieux Journal, tu traverses un post partum difficile, que le baby-blues se transforme en dépression post partum, n’hésite pas à t’entourer, et/ou à demander de l’aide. Il n’y a pas à avoir honte, ni à se cacher. Rencontrer des difficultés, ça arrive à tout le monde, et ne fera pas de toi une mauvaise mère. Des professionnels de santé sont disponibles, que ce soit à ta ou ton sage-femme pendant le suivi à la maison (où même pendant la grossesse). Et en cas de grosse détresse, tu peux contacter  le 3114, gratuit et accessible 7 jours sur 7, 24 heures sur 24


Pour le plaisiiiiiir…

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