Il y a encore quelques années, avoir un enfant à ou après 40 ans était inimaginable : de la « grossesse dangereuse après 35 ans », au regard pas toujours bienveillant porté sur les « enfants de vieux parents » sans oublier « l’égoïsme des mères ».
Aujourd’hui, tout cela est daté et c’est tant mieux. Car sachez-le, depuis 1980, la fécondité chez les femmes de plus de 40 ans est en constante évolution. Elles sont en pleine forme, sont actives, et pour un bon moment encore, vu le recul de l’âge de la retraite à 64 ans. Les raisons qui les mènent à repousser l’âge de la maternité sont d’abord sociétales avec des études longues, parfois une certaine précarité économique, un investissement des femmes dans leur carrière et aussi l’immobilier hors de prix pour installer une famille (selon les villes).
Alors, surprise ou réelle volonté ? Dans tous les cas, c’est un virage à 180 degrés qu’est l’arrivée d’un petit être dans la vie, bouleversant tout sur son passage tel une tornade. Une nouvelle aventure à vivre, et pas des moindres.
Bienvenue dans le club très sélect des parents qui ont attendu la maturité et une carte bancaire un peu plus garnie pour plonger dans le monde fantastique (mais pas que…) de la parentalité. Même si à 40 ans, on n’est pas toujours aussi frais que la rosée du matin, on a assimilé assez d’expérience « de vie » pour se dire qu’on peut gérer un petit bout de chou et assumer ce joli cocktail à base de couches, biberons, cris de bébé et insomnies (les cernes, on les a déjà).

L’Annonce (in)attendue
Avec ou sans aide de procréation assistée, quand les deux petits traits bleus apparaissent sur le test de grossesse, l’annonce de l’arrivée d’un enfant peut être à la fois excitante pour certain(e)s et choquante pour d’autre(s). Vous vous retrouvez à vous regarder dans le miroir en vous demandant si vous êtes réellement en passe de réussir ce nouveau défi (même s’il a été réfléchi… Parce que bon, ça y est, vous y êtes !). Mais le fait est que la vie ne se soucie pas de vos plans, elle suit son cours, et parfois, elle décide de vous embarquer dans un voyage inattendu. Et quoi de plus enrichissant que de sortir de sa zone de confort et de partir dans l’inconnu ! La maturité de l’âge fait que vous affrontez cette nouvelle étape un peu plus sereinement tout en sachant que rien ne sera simple.
Bon… Et maintenant il faut le dire à son entourage
Annoncer une grossesse à 40 ans ne manquera pas de susciter des réactions variées dans votre entourage. Préparez-vous à tous les cas de figure. Certains amis vous applaudiront avec enthousiasme. Ils se proclament d’ores et déjà parrain ou marraine (alors que vous n’avez absolument pas encore parlé ou même pensé au baptême) tandis que d’autres vous regarderont avec un mélange de surprise et d’inquiétude (eh oui… Finis les apéros tous les vendredis en mode « After Work », du moins pendant un certain temps)… Les membres de la famille exprimeront leur joie, mais n’oublieront pas de vous rappeler qu’il serait peut-être temps de penser à votre retraite. Sans oublier, les conseils avisés de certains (Tata Odile sait forcément mieux changer une couche que Tata Chantal) et les remarques d’autres (n’est-ce pas Tonton Roger) vous disant que vous n’avez plus l’âge pour les nuits blanches. Une chose est sûre, l’annonce de votre grossesse suscitera l’intérêt et sera au centre de beaucoup de conversations, parfois animées, qu’on se le dise 😉
Défis de la Grossesse
Une grossesse à 40 ans n’est pas tout à fait la même chose qu’à 20 ans. Certes vos années sportives vous auront bien mis en condition mais tout de même, vous vous rendez compte que votre corps réagit différemment. Votre médecin vous parle même d’examens et de tests auxquels vous n’aviez jamais pensé. Vous devenez pro en acide folique (la vitamine B9 n’a clairement plus aucun secret pour vous). Vous pouvez faire un TOP 10 des aliments riches en fer et êtes devenues une adepte de la position latérale (sur la gauche surtout) quand il s’agit d’aller dormir (sans oublier le coussin de grossesse, votre nouveau doudou).
Vos pages internet sont ouvertes, non plus sur des sites de voyage, de décoration (parce que oui le salon a besoin d’un petit coup de frais) ou de vêtements, mais sur des forums en ligne pour partager des expériences avec d’autres parents d’âge similaire, échangeant des conseils sur la manière de soulager les maux de dos et de gérer les envies de cornichons à des heures incongrues.
Et enfin, vous (re)découvrez les joies aussi de cette nouvelle activité quasi quotidienne : les cours de préparation à l’accouchement. Vous passez ceinture noire 1er Dan de la Respiration Saccadée (très utile et pratique aussi quand bébé ne fera pas ses nuits) et des positions étranges de détente sur votre swissball ou votre tapis de relaxation.
« Zen, soyons zen »
Outre le fait que la crise de la quarantaine sera passée bien plus vite que prévue (les achats compulsifs, les idées folles de tatouages et autres sorties dans les meilleurs festivals n’auront pas durés), vous mettrez en avant la sérénité que vous aurez finalement acquise au fil de toutes ces années. Vous saurez comment sourire gentiment et ferez ainsi face à tous ces conseils parentaux que vous n’aurez pas sollicités, aux doutes que la société pourra mettre en avant.
Vous serez plus patiente, moins stressée et aurez une aisance financière qui vous permettra s’assurer cette nouvelle venue plus tranquillement. Cela vous facilitera plus les choses.
A quelques semaines de l’accouchement, vous saurez comment gérer ce combat entre l’excitation de voir arriver votre bébé et l’anxiété de voir votre vie changée (de nouveau). Vous vous poserez des questions existentielles tard le soir, en vous demandant si vous serez à la hauteur, mais dans le fond, vous saurez que l’amour inconditionnel que vous ressentirez pour ce petit être à naître vous guidera à travers cette nouvelle aventure.
En conclusion…
Être parent à 40 ans, que ce soit voulu, attendu depuis longtemps ou pas, c’est accepter que la vie nous surprenne de la meilleure façon possible. C’est trouver un équilibre entre la sagesse accumulée au fil des années et la joie pure et simple que seul un enfant peut apporter. C’est une aventure imprévisible, qui apporte avec elle une richesse d’expériences et une perspective unique qui font de chaque journée une nouvelle découverte. Et c’est découvrir que votre énergie peut être aussi inépuisable que celle d’un parent plus jeune, et que le rire de votre enfant est la meilleure médecine pour toutes les fatigues.
